«Dieu ne nous donne pas le droit de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire » Omar Bongo
Chers Votants Gabonais.
Dans moins de 48 heures nous serons tous dans les urnes, seules, face à l’avenir de notre grande nation Gabonaise. C’est la ligne droite du trente Aout qui symbolisera à jamais la fin de cette hégire de 40 ans. Afin de l’inhumer une bonne fois pour toute, nous avons ainsi donc dressé une courte chronologie contextuelle des moments forts de notre politique.
Dès 1968 le Parti démocratique Gabonais( PDG) devient le seul parti politique Gabonais légal, c’est la naissance du parti unique qui va se manifester par une insolente dictature et par des mesures antidémocratiques.
Les contestations régulières des candidats opposants à la candidature du PDG ne datent pas d’aujourd’hui. En 1990, la crise économique, puis sociale et enfin politique, va affranchir notre pays de cet absolutisme épouvantable en faisant place au multipartisme. Pour la première fois, dans notre histoire, en 1993 nous avons eu une élection présidentielle au suffrage universel direct. Mais la démocratie au Gabon n’aura pour prix que de marcher au coté de la corruption et du népotisme, d’où le triomphe du PDG.
Le 06 décembre 1998, soit 5 ans après, pour la seconde fois un nouveau rendez-vous électoral convie les Gabonais à choisir entre 5 candidats à la présidentielle. Une fois de plus, malgré une forte abstention des Gabonais, le PDG l’emporte avec le secours d’une malversation insupportable.
En novembre 2005, des élections présidentielles sont organisées, à la suite desquelles Omar Bongo est réélu nonobstant un taux d’abstention de 70%. L’opposition, avec à sa tête Pierre Mamboundou, dénonce des fraudes massives constatées lors du scrutin. La situation ne semble pas alors favorable à une alternance.
Cette année, 28 candidats ont été enregistrés, seuls 23 candidatures ont été retenues. Nous vous les mentionnons en vous faisant part du petit baromètre qui traduit les impressions que nous avons eu après les avoir rencontré. Pour certains, ce nombre est source de nombreux mystères résultants d’un certain calcul. Pour d’autres, cette fascination relève simplement de l’apophénie, c’est- à-dire de la tendance qu’ont certains à percevoir la vérité n’importe où, alors qu’il ne s’agirait que de simple coïncidences. Pour nous, 23 candidats est simplement le symbole d’une expression démocratique ; de la vitalité démocratique.
En plus du nombre, il y a aussi un phénomène remarquable, celui de constater qu’il n’y a pratiquement pas de candidat représentant la population la plus nombreuse du Gabon : les Nzebis. Pour l’heure il y a :14 candidats indépendants. 8 opposants et un candidat de la majorité.
Dans l’ordre alphabétique, est candidat:
Assayi Anna Claudine Ayo, Indépendant ;
Ainsi, la plus jeune des postulants à cette joute électorale, âgée d’une quarantaine d’années, femme d’église (puisqu’elle est prophétesse) dont le leitmotiv est « la justice et la paix s’embrassent », déclare vouloir sacrifier sa vie « pour une bataille une seule, au service de ses compatriotes qui croupissent dans la misère. En raison du fait que la richesse nationale est confisquée par 2% d’individus
Son + : belle, charmante et effrontée.
Son - : programme faible, blablate, verbiage.
Avis : doit faire ses preuves, peut faire un bon ministre de la famille.
Bengono Nsi luc, Morena ;
Il reproche à la France de nous imposer des leaders politique : « ils fabriquent des monarchies en Afrique ». c’est un des plus anciens opposants du PDG.
Son + : connaît l’histoire politique de notre pays. Prisonnier politique.
Son - : trop âgé, mémoire défaillante due probablement au souvenir de la prison.
Avis : refusé, doit penser à trouver un bon successeur pour son parti.
Bongo Ondimba Ali, PDG ;
Il propose aux Gabonais un avenir radieux, tendre vers le développement. Il veut rassembler le peuple. Il veut faire du Gabon un pays émergeant. Cependant il est dans le gouvernement depuis une vingtaine d’année.
Son + : fils du président, programme solide, campagne réussie, carnet d’adresse de bongo. Il devance tous ses adversaires dans les sondages et il devient ainsi l’un des favoris à cette élection.
Son - : « un serpent n’accouche jamais d’une gazelle » ; hautain, arrogant. Pas assez intelligent mais bien entouré.
Avis : favorable, peut être élu par la peuple (au premier tour, s’il y avait un deuxième tour il ne passerait pas.)
Bourdes Ogouliguende Jules Aristide ; CDJ
Entré dans le gouvernement en 1973, a été ministre successivement dans le gouvernement Bongo. Il a appartenu au régime. Il souhaite faire régner l’ordre et la justice. Il veut augmenter la croissance et réduire la pauvreté. Il se présente pour ne pas passer pour un défaitiste.
Son + : expérience politique, homme de lois.
Son - : langue de bois, programme politique obsolète. Peu crédible.
Avis : passable, doit penser à trouver un bon successeur pour son parti.
Eyéghe Ndong Jean, Indépendant ;
Ancien premier ministre, il veut restaurer l’autorité de l’état. Il prétend avoir dénoncé certaines déviances au sein du gouvernement. C’est lui qui a annoncé devant toutes les chaines que Bongo n’était pas mort et qu’il se portait en bonne santé or nous savons la suite.
Son + : maitrise la langue de bois, expérience politique, contre la fête tournante.
Son - : manipulable, blablate un peu trop, est encore dans sa bulle de premier ministre. Pas de précision dans son programme.
Avis : doit faire ses preuves. Pas crédible du tout.
Kombeny Jean- Guy, Indépendant ;
R.A.S nous ne savons rien de lui. On a pas pu le rencontrer.
Lasseni Duboze née Issembe Victoire, Indépendant ;
Elle a travaillé longtemps dans le gouvernement Bongo, elle tenait l’union des femmes du PDG. Elle lit beaucoup et elle connaît d’autres dirigeant d’Afrique. Elle propose de réparer ce qui n’a pas été fait, c’est-à-dire le social.
Son + : expérience du pouvoir et bon carnet d’adresse.
Son - : elle ignore ce que c’est d’être président d’une nation. Elle n’a véritablement pas de programme politique si ce n’est que le social prime sur tout.
Avis : refusé. Elle n’a pas supporté de voir Rose à la présidence.
Maganga Moussavou Pierre Claver, PSD ;
Successivement ministre dans le gouvernement Bongo, il s’est toujours présenté comme étant le seul opposant du PDG. Pour lui cette élection est d’abord et avant tout un rendez-vous avec l’histoire. C’est pour lui une élection réservée aux hommes d’expérience comme lui.
Son + :il prétend avoir le meilleur programme politique. Homme d’expérience.
Son - : démagogue et girouette. Il parle plus de lui que de son programme encore moins du peuple.
Avis : passable, ferait un bon député. Mais à se méfier quand même.
Mamboundou Mamboundou Pierre, UPG ;
Il est bien placé pour être le troisième président du Gabon. Homme des grands rendez-vous politiques, il a été considéré longtemps comme le grand opposant à Bongo. Il se présente comme le candidat de la rupture. Il est pour une économie mixte et une société nouvelle.
Son + : beau parleur et charismatique. Programme assez convainquant
Son - : trop sur de lui. Autoritaire et révolutionnaire dans les bords.
Avis : très favorable.
Mauro Nguema Bienvenu, Morena Unioniste ;
Jeune et dynamique; pour lui, reformer la société commence d’abord par améliorer les conditions de vie des femmes. Il met la femme Gabonaise au centre des préoccupations. Pour lui les Gabonais ont perdu tout sens de leur citoyenneté. Il veut transformer cette société de pagneurs et de pagneuses en une société de travailleurs en créant facilement 2500 emplois.
Son + : jeune et dynamique, travailleur et ambitieux.
Son - : peu d’expérience politique, se laisse emporté par son zèle et donc moins de sagesse.
Avis : doit faire ses preuves. Mais peut se préparer pour les prochaines élections.
Mba Abessole Paul, RPG ;
Ancien vice premier ministre de Bongo. Il veut permettre au Gabon de se développer. Il veut aussi avoir tous les pouvoirs pour gérer tous les domaines. Ancien opposant radical rallier au PDG, il dénonce le système chaotique. Il souhaite une réconciliation nationale et une amnistie générale.
Son + : il a failli vaincre Bongo en 1993,il y a 16 ans.
Son - : démagogue, corrompu, peu crédible.
Avis : refusé. Nous a déçu en se ralliant.
Mba Obame André, Indépendant ;
Il est dans le gouvernement depuis 25 ans, il veut fructifier l’héritage de Bongo. Il veut faire du Gabon, un Gabon pour tous. Un logement pour tous les gabonais est devenu sa priorité. Il prône la continuité en conduisant le Gabon vers la modernité.il propose l’assurance maladie pour tous.
Son + : expérience politique. Bon programme politique.
Son - : ancien membre de la majorité.
Avis : favorable.
Moubamba Ben Bruno, Indépendant ;
Pour lui, la démocratie l’emportera un jour au Gabon. Dans Libreville, son programme est le plus fournit, il faut moderniser le Gabon, il faut arrêter cette politique de corruption. Il n’est pas pour la chasse aux sorcières mais pour une clairvoyance dans les finances de l’État. Il met un accent fort sur la politique de lutte contre le sida.
Son + : intelligent et fin stratège.
Son - : trop intelligent, mauvaise communication, vision pessimiste du Gabon.
Avis : très favorable. Il ferait un bon président, mais les sondages le placent loin derrière.
Myboto Zacharie, UGDD ;
Ancien baron du PDG, ministre pendant 23ans au sein du gouvernement Bongo, il devient opposant et met en place l’ UGDD. Il a pour modèle De Gaulle. Il a été longtemps ministres des travaux des routes, pourtant il n’ y a pas de routes à Libreville.
Son + : ancien ministre de Bongo.
Son - : langue de bois, possibilité de retomber dans la routine, nostalgique des années 90.
Avis : refusé.
Ngoussi Georges Bruno, Indépendant ;
Homme de dieu, il possède 28 églises au Gabon, 4 en Guinée, 1 au japon, au USA, en France. Il est président de la RTN. Contrairement aux autres candidats qui distribuent des t-shirt et des programmes, lui distribue des bibles à ses militants. Il ne dissocie pas la religion et la politique. Il se sent envoyé de dieu.
Son+ : homme d’affaire et d’église (pasteur), certain de remporter le scrutin.
Son - : naïf, filou, aucune expérience politique.
Avis : refusé. Atypique, nous nous demandons comment il a fait pour être candidat.
Ngwevilo Rekangalt Yvette, Indépendant ;
Femme de dieu, a vécu dans la rue et a donc connu la misère. La misère humaine ne lui sera jamais étrangère. Elle est consultante a la banque mondiale et elle veut redonner du bon sens aux institutions. Elle propose un Gabon nouveau, il faut relancer l’activité économique.
Son+ : elle est optimiste, juriste.
Son - : naïve et aucune expérience politique.
Avis :refusée. il lui manque de la conviction dans ses idées.
Ntoutoume Jean, Indépendant ;
Homme d’affaire, il a crée une société au Cameroun. Tous les problèmes du Gabon semblent simple pour lui car tout sera gratuit. Pour le logement on pourra faire appel aux sud africains et Israël pour l’agriculture.
Son + : il a des relations dans le gouvernement.
Son - :langue de bois, au centre de magouille avec Patience Dabany ou avec son fils Ali. Il est suspect.
Avis :refusé. Il peut être capable de nous vendre
Ondo Ossa Albert, Indépendant ;
Ministre sous Bongo. Pour lui, on a pas suffisamment appris aux Gabonais à travailler. Il veut modifier l’économie car nous sommes dans une économie de cueillette ou de rente, il suffit de cueillir et de gaspiller. Pas de véritable programme.
Son + :prudent, bon sociologue.
Son - : défaitiste et opportuniste.
Avis : refusé. Pas un bon candidat. Comme tous les autres candidats qui racontent leurs vies, il en fait un peu trop.
Oyama Bernard, Indépendant ;
New-yorkais d’adoption, il est propriétaire d’un magasin de vêtement pour homme à Harlem, il a toujours rêvé d’être président du Gabon. Ainsi cette élection lui permettra de faire ses premiers pas dans la sphère politique.
Son + : il a un rêve.
Son - : il n’est pas retourné au Gabon depuis plus de 12 ans, n’ a jamais fait de politique.
Avis : refusé.
Oye mba Casimir Marie- Ange, Indépendant ;
Être Gabonais autrement. C’est le désir de servir les Gabonais qui lui donne envie de devenir président. Ancien premier ministre de Bongo, il a continué de travailler dans le gouvernement. Il se dit être incontestablement le candidat qui réunit la plus large expérience, aussi bien sur le plan international, économique et financier que sur le plan intérieur.
Son + : expérience politique. Rigoureux et travailleur.
Son - : un peu à l’étroit du peuple.
Avis : assez favorable.
Tchoreret Marcel Robert, Cercle Omega ;
Serein, il veut aider le Gabon dans tous les domaines. Radical, il pense que le malheur du Gabon n’est pas d’être riche mais d’avoir des dirigeants sans cœur. Il est pour la chasse au sorcières, et veut instaurer une politique de respect. Il est contre le principe de l’union africaine, et surtout il veut réduire le taux d’immigration à Libreville. Il expulsera celui qui dira « je suis plus Gabonais que toi ».
Son + : direct, franc, jeune et ambitieux. Le seul qui a une véritable politique d’immigration.
Son - : il frôle l’extrémisme. Peu d’expérience politique.
Avis : doit faire ses preuves. Peut être un bon président pour les Gabonais.
Teale Michel Albert Leslie, Indépendant ;
36 ans d’expérience dans le gouvernement Bongo. Il prétend être le seul à avoir dénoncé le système. Il a demandé pardon au peuple pour tout ce qu’ il a fait ou n’a pas fait. Il compte réformer les institutions. Il propose un mandat de deux fois 5ans pas plus. Il veut mettre la femme au centre de tout. Gracier les prisonniers, et enlever toutes caméras de surveillance qui sont dans Libreville et arrêter les écoutes téléphoniques.
Son + : homme du juste milieu avec 36 ans d’expérience .
Son - : il n’est pas convaincu de son élection, il essaye, grosse langue de bois.
Avis : refusé.
Tomo Ernest, Indépendant.
Ancien directeur adjoint du cabinet de Bongo, il s’oppose à un système dont il a appartenu. Pour lui aucun candidat ne peut se permettre de prévaloir une main saine. Tout le monde a des comptes à rendre au peuple.
Son + : neutre
Son- : il se cherche.
Avis :refusé.
Voilà, après cet aperçu des impressions que nous avons eu des candidats, nous pensons qu’il y a plusieurs qui manquent de sérieux et c’est regrettable. Personne n’a le courage de dire les choses telles que nous les savons, ils ont tous les mêmes programmes, ce sont des copiés collés des copiés collés….de certains. Ils sont plusieurs a nous citer Bongo, comme s’ils ont tous préparé leur discours ensemble : « dieu ne nous donne pas le droit de faire de ce pays ce que nous somme entrain de faire. » tous l’ont cité. Ils nous confient des choses à moitié, se lancent des piques entre eux, ils critiquent le système mais ne l’ont jamais fait avant la mort de Bongo. On apprend par exemple que depuis l’élection de 93, à chaque fois le taux d’abstention était de 92%, mais comment pouvons nous parler d’élection quand le président est élu à 3% et que les opposants se partagent les 5 autres % ? comment peut-on parler de majorité ? le pire c’est que nous le peuple (souverain) nous laissons faire et nous nous plaignons de notre souffrance. J’aime cette phrase qui dit « les plus grands dictateurs ont toujours eu les meilleurs programme » le programme n’est qu’une intention, il faut voir ce qui se cache derrière. Ne soyez pas aveugles ! il y a des candidats qui se présentent quand bien
même nous savons que leurs ministères sont en grève, et vous cautionnez cela ? 1900 milliards pas an, savez- vous ce que c’est ? savez-vous ce que cela représente pour une population d’1,5millions ? calculez et vous verrez qu’on est approximativement à 1,3 millions par an pour chaque Gabonais. Sachant qu’en 2002 notre PIB était d’environ 3200 milliards, un habitant devrait avoir au moins 2,5 millions par an. Nous avons eu le PIB le plus élevé de toute l’Afrique, pourtant regardez comment vous vivez.
Réfléchissez longuement avant de voter, c’est notre avenir qui en dépend.
Le Gabonais.com












