Renaissance Gabonaise?

Le 25 septembre 2009 dans Editorial | Laisser un commentaire

Jean-Paul.COCO

Jean-Paul COCO

Rédacteur en chef.

C’est un nouvel âge qui commence avec la mort de Bongo et le passage à la présidence de son fils. Certains de mes compatriotes ont même qualifié cette époque de renaissance comme s’ils savaient de quoi ils parlaient. Ah ! la Renaissance, c’est la période que je préfère dans l’histoire des Grands de ce monde.

«  Naitre à nouveau » est-il possible ? C’est bizarre comme question, avouez-le, non ? et si la première incertitude relatif à notre existence, c’était la naissance ? vous en souvenez-vous ? Nous allons faire ensemble cet effort de mémoire.Vous avez progressé doucement, lancinement, dans le col de l’utérus. Des tensions vous compressaient la cage thoracique. A l’achèvement de la galerie ténébreuse, se trouvait une brèche de lumière et des gens remplies de prévenance pour vous attendre, vous saluer. Oui ! ces visions ressemblent étonnamment à celles que ramènent un certain nombre de bwitiste, ou ceux qui ont caressé la mort. Cela ne vous parle pas, sûrs ? A Bifoune on nous dira que Iboga y est pour beaucoup, toutefois nous devons cet axiome original à Rank.
Pour Rank, dans le Traumatisme de la naissance, nous sommes, durant toute notre vie, tourmentés par les affres de notre naissance. Il serait donc, de cette façon, canonique de soumettre « la sensation d’angoisse en général à l’angoisse physiologique, qui accompagne la naissance ». Changement risqué d’un composant liquide vers l’air libre, bifurcation âpre d’avec le corps maternelle(de la mère) : voici les sensations ensevelis qui se raviseraient dans nos difficiles moments
D’autre part, nous poursuivons, de même, le plaisir dans des pratiques qui nous communiquent la sensation délicate et agréable de la moule lointaine. C’est cela même qui fait l’agrément de comportements liés au sexe : L’homme recherche les femmes afin de revenir en elles ; en s’accouplant, les deux regagnent la satisfaisante béatitude du syncrétisme, la jouissance d’être chevillé à un autre corps.
Le commencement de tous les troubles mentaux(psychopathologies), des affections nerveuses comme de la paranoïa ou de la schizophrénie, se trouve, à en croire Rank, dans ce heurt premier. Il en est de même pour les personnes qui changent d’humeurs constamment :
« La phase mélancolique, dont le terme dépression exprime de façon frappante la nature la plus profonde, est caractérisée par des symptômes somatiques (attitude déprimée du corps, recroquevillement dans l’attitude couchée, immobilité au lit pouvant durer des jours entiers, refus de s’alimenter sans l’aide d’une autre personne…) qui rappellent tous la situation intra-utérine. »
En fait, le maniacodépressif a un pied dans le ventre de sa mère et l’autre dans le monde :
« La phase maniaque qui succède à la phase mélancolique se distingue, au contraire, par la vivacité et la mobilité post-natale, tandis que le sentiment de bonheur et de béatitude correspond à la satisfaction prénatale de la libido. »
Pourvu d’ une telle théorie universelle, Rank va jusqu’à envisager l’art dans son ensemble comme une démarche, adéquat à quelques personnes, pour édifier une œuvre-moule pour s’y confiner(afin d’éluder la mort).
En ce qui concerne le Bwiti, il démarre avec cette affirmation selon laquelle l’eau est la source de la vie. Dans le bwiti, le N’Gaga rentre en lui-même, il se coupe du monde pour trouver des pensées. Son objectif ? l’union mystique, la symbiose avec l’E.U.

Les crises de la jeunesse, de la trentaine, de la quarantaine ; anxiété, tristesse, humeur noire… : dans chaque cas, nous serions entrain de revivre la première étape. Comment pouvons-nous échapper à la cascade funestes des crises liées à l’existence ? Rank est authentique : si nous voulons atteindre l’épanouissement totale, il n y a rien d’autre à faire que de RENAITRE. Pour se délivrer de la nostalgie des limbes, nous devons revivre le traumatisme de la naissance en victorieux. Est- ce le but de l’initiation au Bwiti ? et les guéris, le re-nés, ont-ils encore besoins du bwiti ?

Ce contenu éditorial, peut être perçu de deux façons. D’abord au sens propre dont il apparaît, ensuite au sens personnifié de la Nation. De plus il annonce un article de RdenisR intitulé « Entretien d’existence post-mortem » qui traite de la rencontre entre Albert mourant et Piouse un nouveau né vivant ses derniers instants avec le passeur. C’est l’histoire politique du Gabon mêlée à d’autres, c’est l’émergence des figures héroïques du Gabon, c’est le début de la Françafrique, la fin de la colonisation, une sorte de bilan de cette moitié de siècle.

Il y aura enfin une rubrique “Livre” où un auteur Gabonais rédigera, à mesure que nous lisons, un ouvrage intitulé “Dialogue avec une petite colon”. c’est descriptif et émouvant.  Dans l’ensemble instructif car les personnages traitent, en marchant dans les rues de Libreville, de tous les sujets qui ne nous parlent que quand nous les lisons.

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